Iran : un mort parmi les forces de sécurité au 5ᵉ jour de manifestations
Des commerçants et des négociants manifestent dans les rues contre la situation économique et la monnaie iranienne en difficulté à Téhéran, le 29 décembre 2025. ©Photo by HANDOUT / FARS NEWS AGENCY / AFP

Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont été rapportés jeudi dans le sud-ouest de l'Iran par l'agence de presse Fars, au cinquième jour de rassemblements sporadiques contre la vie chère dans plusieurs villes du pays.

«Certains manifestants ont commencé à jeter des pierres sur les bâtiments administratifs de la ville, dont le gouvernorat, la mosquée, la Fondation des Martyrs, la mairie et des banques, avant de se diriger vers le gouvernorat» à Lordegan, écrit Fars, ajoutant que la police a fait usage de gaz lacrymogène et qu'il y a un nombre non précisé de blessés.

Lordegan est une ville de 40.000 habitants située à environ 650 kilomètres de Téhéran.

Un membre des forces de l’ordre avait été tué dans l’ouest de l’Iran tôt jeudi, première victime officiellement recensée au cinquième jour de rassemblements sporadiques initialement pacifiques contre la vie chère dans plusieurs villes du pays.

«Un membre du Bassidj de la ville de Kouhdasht, âgé de 21 ans, a été tué cette nuit par des émeutiers alors qu’il défendait l’ordre public», a annoncé la télévision d’État, citant le vice-gouverneur de la province du Lorestan (ouest), Saïd Pourali.

Il s’agit de la première victime officiellement recensée depuis le début de ces rassemblements dimanche, initialement pacifiques à Téhéran, qui se sont depuis étendus à d’autres villes et aux universités.

Les médias d’État avaient lors de précédents mouvements qualifié d’émeutiers des manifestants.   

Les forces du Bassidj sont des milices de volontaires islamistes, affiliées aux Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.

«Lors des manifestations à Kouhdasht, 13 policiers et membres du Bassidj ont été blessés par des jets de pierres», a ajouté M. Pourali.

Cette ville de près de 90 000 habitants est située à 550 kilomètres de la capitale Téhéran, où une mobilisation initiée par des commerçants contre la vie chère et le marasme économique a débuté dimanche.

La grogne s’est étendue mardi à au moins dix universités du pays et à d’autres villes, où des incidents ont été rapportés par les autorités.

Week-end prolongé 

Mercredi, un bâtiment gouvernemental a été attaqué dans le sud de l’Iran à Fassa, alors que la quasi-totalité du pays avait été mise en congé, sur décision des autorités, qui ont invoqué le froid et des économies d’énergie.

Elles n’ont fait officiellement aucun lien avec les manifestations. L’Iran est au début d’un week-end prolongé qui s’achèvera dimanche.

Le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, a dit comprendre mercredi la tenue de «manifestations pacifiques» de personnes dénonçant le coût de la vie.

Mais «toute tentative» visant à les transformer «en un outil d’insécurité, de destruction des biens publics ou de mise en œuvre de scénarios conçus à l’étranger sera inévitablement suivie d’une réponse (…) ferme», a mis en garde ce responsable, cité par la télévision d’État.

Mercredi soir, l’agence de presse Tasnim a fait état de l’arrestation de sept personnes décrites comme affiliées aux «groupes hostiles à la République islamique basés aux États-Unis et l’Europe».

Tasnim a accusé ces personnes d’avoir pour «mission de transformer en violence les manifestations» dans le pays. L’agence n’a pas précisé quand ni où ces arrestations se sont produites.

La monnaie nationale, le rial, a perdu depuis un an plus d’un tiers de sa valeur face au dollar, tandis qu’une hyperinflation à deux chiffres fragilise déjà depuis des années le pouvoir d’achat des Iraniens.

Le taux d’inflation était en décembre de 52 % sur un an, selon le Centre de statistiques d’Iran, un organisme officiel.

Le mouvement de grogne contre la vie chère est à ce stade sans commune mesure avec le mouvement qui avait secoué l’Iran fin 2022, après la mort de Mahsa Amini, une jeune Iranienne.

 

Avec AFP

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