
La Russie continue d'exiger de l'Ukraine la cession du Donbass (est), qu'elle ne contrôle pas intégralement, mais est disposée à geler le conflit dans le sud de ce pays le long des lignes de front actuelles, a affirmé jeudi soir le chef de la diplomatie turque.
L'armée russe occupe un cinquième environ du territoire ukrainien et Moscou revendique l'annexion de cinq régions : celles dans l'est de Donetsk et de Lougansk, qui forment le Donbass, celles dans le sud de Kherson et de Zaporijjia, ainsi que la Crimée conquise en 2014.
Au cours de pourparlers à Istanbul plus tôt cette année, les négociateurs russes avaient,en tant que condition préalable à l'arrêt du conflit, exigé que l'Ukraine se retire totalement de ces cinq régions.
Selon Ankara, Moscou a toutefois infléchi sa position à la suite du récent sommet en Alaska entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine.
Les Russes ont ainsi «renoncé à cette exigence et restent sur les lignes de contact, à l'exception d'une région (...). Il existe actuellement un accord préliminaire concernant la restitution (cession à la Russie, NDLR) de 25 à 30% de (la région de) Donetsk et le maintien des lignes de contact (dans celles de) Zaporijjia et Kherson», a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, dans un entretien avec la chaîne de télévision TGRT Haber.
Celui-ci n'a pas précisé si cet «accord préliminaire» avait été conclu entre Moscou et Washington ou entre Moscou et Kiev, qui a jusqu'ici catégoriquement rejeté toute concession territoriale, ni de quand il datait.
Sous couvert d'anonymat, des responsables avaient déjà fait état de cette apparente inflexion russe.
En dépit d'une frappe meurtrière sur la capitale ukrainienne jeudi, qui a fait au moins 23 morts, M. Fidan a salué des avancées sur le front diplomatique.
Le ministre turc a toutefois reconnu qu'il serait «difficile» pour l'Ukraine de céder des territoires, notamment la vaste région minière et industrielle du Donbass, la portion la mieux défendue du front composée de villes-forteresses et de centaines de kilomètres de tranchées et de champs de mines.
«Une fois ce territoire abandonné, le territoire restant deviendra un peu difficile à protéger», a souligné M. Fidan.
avec AFP
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