Frappe meurtrière en Ukraine : Zelensky dénonce une \
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky arrive pour sa conférence de presse à Kyiv le 4 avril 2025, en pleine invasion russe de l'Ukraine. ©Roman Pilipey / AFP

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé samedi la "faible" réaction de l'ambassade américaine en Ukraine à une frappe ayant tué 18 personnes, dont des enfants, la veille à Kryvyï Rig, lui reprochant notamment d'avoir "peur" de mettre en cause la Russie.

Une attaque de missile russe vendredi a fait au moins 18 morts, dont plusieurs mineurs, dans un quartier d'habitation et à proximité d'une aire de jeux pour enfants de cette ville du centre de l'Ukraine, selon les autorités locales.

L'ambassadrice américaine en Ukraine, Bridget Brink, s'était dite vendredi soir "horrifiée" par cette "frappe de missile balistique", sans en mentionner la provenance.

"Malheureusement, la réaction de l'ambassade américaine est désagréablement étonnante : un pays et un peuple si forts, et une réaction si faible", a critiqué Volodymyr Zelensky samedi.

"Ils ont même peur de prononcer le mot +russe+ en parlant du missile qui a tué les enfants", a-t-il ajouté sur les réseaux sociaux.

Il est rare que Volodymyr Zelensky adopte publiquement un tel ton en évoquant ses alliés.

Les États-Unis ont été le premier soutien militaire et financier de l'Ukraine, depuis le début de l'invasion russe en février 2022, mais le président Donald Trump a multiplié ces derniers mois les critiques contre Volodymyr Zelensky.

Les deux hommes ont eu une altercation verbale et publique à la Maison Blanche fin février. Même si les tensions sont depuis retombées, leurs liens semblent encore fragiles.

Donald Trump s'est rapproché du président russe Vladimir Poutine, avec lequel il affirme vouloir négocier la fin de la guerre au plus vite.

Sa main tendue à Moscou a été mal reçue à Kiev, même si Donald Trump a depuis aussi menacé la Russie de nouvelles sanctions.

Bridget Brink avait été nommée ambassadrice en 2022 par le prédécesseur démocrate de Donald Trump, Joe Biden, qui avait une position bien plus dure contre le Kremlin.

Dans ses récentes réactions à des attaques en Ukraine, elle évite de nommer directement la Russie, ce qu'elle faisait régulièrement jusque-là.

Trois ans

La frappe de vendredi à Kryvyï Rig, l'une des pires des dernières semaines, a particulièrement choqué en raison du jeune âge de certaines victimes.

Les mineurs décédés étaient âgés de trois à 17 ans, selon Volodymyr Zelensky, qui est né à Kryvyï Rig.

Des images publiées sur les réseaux sociaux, et dont l'authenticité n'a pas pu être vérifiée, montraient des cadavres, dont l'un étendu devant des balançoires.

Une vidéo, particulièrement partagée, montrait un très jeune garçon inconscient, que les secouristes tentaient de réanimer. Il a succombé à ses blessures, selon des médias ukrainiens.

Une soixantaine de personnes ont aussi été blessées, d'après les autorités locales.

Le ministère russe de la Défense a dit avoir mené "une frappe de précision" sur un restaurant "où se réunissaient des commandants de formations et des instructeurs occidentaux".

L'armée ukrainienne a assuré qu'il s'agissait d'une "fausse information" propagée par Moscou pour "couvrir son crime cynique".

Volodymyr Zelensky a repris une autre partie du communiqué de l'ambassadrice américaine, qui a estimé que ce type de frappes était la raison pour laquelle la guerre devait finir.

"Oui, la guerre doit cesser. Mais pour y parvenir, nous ne devons pas avoir peur d'appeler un chat un chat", a-t-il dit, appelant à "faire pression" sur Vladimir Poutine.

Il a appelé à imposer de nouvelles sanctions contre la Russie.

Volodymyr Zelensky a aussi affirmé que Donald Trump avait "promis" d'aider l'Ukraine à se procurer davantage de systèmes de défense antiaérienne, qui servent à contrer les attaques de drones ou de missiles.

Moratoire et accusations

L'Ukraine accuse la Russie de jouer la montre pour profiter de son avantage sur le front afin de conquérir davantage de territoires.

Les États-Unis avaient proposé un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours, accepté par Kiev mais pas par Vladimir Poutine.

Le président américain Donald Trump n'a pu qu'obtenir, après des négociations séparées en Arabie saoudite, qu'un accord pour un cessez-le-feu en mer Noire et un moratoire concernant les frappes sur les infrastructures énergétiques.

Kiev et Moscou s'accusent quotidiennement de violer ce moratoire très flou en visant des cibles énergétiques.

Le ministère russe de la Défense a encore accusé l'Ukraine d'avoir attaqué ce type d'infrastructures à 14 reprises de vendredi à samedi.

Quant à la trêve maritime, le Kremlin l'a ensuite conditionnée à la levée de sanctions par les pays occidentaux, ce que l'Europe ne semble pas prête à accepter.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire