
Si le silence et l’inaction du Hezbollah face aux attaques israéliennes qui se poursuivent font l’objet de plusieurs interrogations, il semblerait, selon des médias israéliens que les problèmes seraient en train de s’accumuler pour la formation pro-iranienne et ce à plus d’un niveau. Les dommages importants subis par le Hezb dans le cadre de la récente guerre contre l’État hébreu auraient, en effet, profondément affecté la structure du groupe.
Sur le plan économique, l’acheminement de fonds iraniens a été manifestement interrompu. Par voie terrestre, le financement est devenu quasi impossible en raison des derniers développements survenus à la frontière entre le Liban et la Syrie et la fermeture (en cours) des passages illégaux. Par voie aérienne, le transfert de fonds se complique de plus en plus, du fait de l’interdiction d’atterrissage imposée à la flotte iranienne. Une situation qui retarde les indemnisations tant attendues par les habitants des régions dévastées par le conflit, notamment au Liban-Sud, dans la Békaa et dans la banlieue sud de Beyrouth. Selon des chiffres avancés par ces mêmes médias israéliens, 75% des sources de revenus dans le sud n’existeraient plus et près de 35.000 chiites auraient fui la Békaa.
Sur le plan hiérarchique, le leadership au sein du groupe semble divisé. Toujours selon les médias israéliens, d’un côté, le secrétaire général (SG) du Hezbollah, Naïm Kassem, ferait l’objet de nombreuses critiques, pointé du doigt pour sa modération et sa volonté de s’en tenir au cessez-le-feu malgré les multiples attaques israéliennes contre les infrastructures militaires et la base sociale de la formation. Affichant une position hostile à Naïm Kassem, Wafic Safa ne manque pas, toujours selon ces mêmes sources, d’aller à l’encontre du SG et des propos tenus dans ses multiples discours. L’ancien chef du bureau de liaison, également beau-frère de Hassan Nasrallah, tué dans son fief dans la banlieue sud de Beyrouth le 27 septembre 2024, par une attaque israélienne, aurait été lui, à l’origine des manifestations de motards à Beyrouth, au lendemain de la décision prise par le gouvernement concernant l’atterrissage d’avions iraniens au Liban.
Jouant le rôle de médiateur, Mohammad Raad, député du Hezb et adjoint de Naïm Kassem, tenterait, tant bien que mal, de rétablir les relations entre les deux camps.
De nouvelles répartitions du commandement
Selon des sources libanaises citées par plusieurs médias israéliens, trois hauts responsables du Hezbollah auraient récemment pris le contrôle des opérations militaires de l’organisation, en particulier au Liban-Sud.
Parmi eux, Khalil Harb se distingue comme l’homme fort du moment. Déjà surnommé par certains “le chef d’état-major du Hezbollah”, il jouerait un rôle central dans la gestion des forces armées, supervisant bataillons et brigades. Son passé, marqué par des activités dans le trafic de drogue et des connexions étendues avec diverses branches iraniennes, notamment l’unité 3900 – dont un haut responsable a été éliminé récemment –, en fait une figure clé du dispositif militaire du mouvement chiite.
Face à lui, Haitham Tabatabai, un ancien commandant de la force Radwan et des unités spéciales, se positionnerait de manière plus autonome. Après avoir servi en Syrie aux côtés de la force Al-Qods iranienne, il contrôlerait désormais une partie des bataillons déployés au sud du Liban. Toutefois, des divergences avec la direction politique du Hezbollah lui auraient permis d’opérer avec une certaine indépendance, y compris vis-à-vis de Khalil Harb. Certains observateurs estiment que cette dynamique pourrait mener à l’émergence d’une faction dissidente au sein de l’organisation.
Autre figure influente, Mohammad Haïdar, proche conseiller de Hassan Nasrallah, dirigerait également une partie des forces dans le sud, mais sous l’autorité de Khalil Harb plutôt que sous celle de Naïm Kassem, qui semble désormais en retrait.
Si ces fractures s’accentuent, le Hezbollah pourrait être confronté à un phénomène de divisions internes, similaire à celui observé à Gaza avec l’émergence de factions rebelles. Une situation qui, selon les médias israéliens, pourrait complexifier la stratégie d’Israël face au mouvement chiite libanais.
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