Trump annonce des 'droits de douane réciproques' entrant en vigueur les 5 et 9 avril
Le président américain Donald Trump se dirige pour prononcer un discours sur les tarifs réciproques lors d'un événement intitulé "Make America Wealthy Again" dans la roseraie de la Maison-Blanche à Washington, DC, le 2 avril 2025. ©Saul Loeb / AFP

Les nouveaux droits de douane massifs dévoilés par le président des États-Unis Donald Trump entreront en vigueur les 5 et 9 avril, a annoncé mercredi la Maison Blanche.

Les nouvelles taxes sur les importations dévoilées par Donald Trump sont prévues en deux temps, a précisé un responsable de la Maison Blanche à la presse : le 5 avril à 04H01 GMT pour les droits de douane d'au moins 10% sur tous les produits entrant aux États-Unis, et le 9 avril à 04H01 pour les droits de douane majorés visant des géants comme la Chine et l'Union européenne.

Jeudi, à 04H01 GMT, Washington prévoit, séparément, d'imposer 25 % de taxes additionnelles sur les voitures fabriquées à l'étranger, ainsi que sur les pièces détachées.

Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi qu'il allait signer un décret instituant "des droits de douane réciproques" sur les importations des États-Unis, soit au même niveau que ceux perçus par les partenaires commerciaux de Washington.

"Dans quelques minutes, je signerai un décret historique instituant des droits de douane réciproques sur les (importations des) pays du monde entier", a déclaré M. Trump dans un discours depuis les jardins de la Maison Blanche. "Réciproque signifie: ce qu'ils nous font, nous leur faisons. C'est très simple, ça ne pourrait pas être plus simple", a ajouté le président américain, célébrant "un des jours les plus importants de l'histoire américaine".

M.Trump a annoncé des droits de douane massifs sur les produits entrant aux États-Unis : 34 % sur les produits chinois, 20 % sur ceux en provenance de l'Union européenne ou encore 46 % pour le Vietnam.

Le président américain a annoncé des droits de douane de 31 % sur les importations en provenance de Suisse, de 50 % plus élevés que ceux visant désormais l'Union européenne (20 %).

Ces taxes sont en réponse à des tarifs douaniers de 61 % perçus par la Suisse sur les produits américains, selon un tableau présenté par le président Trump lors d'un discours très attendu dans les jardins de la Maison Blanche.

M. Trump a vanté une "déclaration d'indépendance économique" et promis à nouveau un "âge d'or", là où l'opposition démocrate ainsi que de nombreux économistes prédisent dans l'immédiat un choc récessif accompagné d'une poussée inflationniste.

"Depuis des décennies, notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis", a-t-il asséné, avant de produire une liste des partenaires commerciaux concernés, avec les droits de douanes qui leur seront imposés.

Ces surtaxes sont calculées de manière à refléter aussi les barrières dites non tarifaires mises par ces pays à l'entrée de produits américains, par exemple des réglementations sanitaires et des normes environnementales.

Donald Trump a assuré qu'il s'agissait là d'une forme "gentille" de réciprocité.

"Ce ne sera pas bon"

"Ça ne sera pas bon pour ceux qui imposent des droits de douane ni pour ceux qui ripostent", avait prévenu par avance mercredi la dirigeante de la Banque centrale européenne Christine Lagarde.

Tetsuya Kimura, un petit patron japonais, a un message sans ambiguïté pour Donald Trump: "Laissez-nous tranquilles", a fulminé auprès de l'AFP ce dirigeant d'un sous-traitant automobile.

Face à cet interlocuteur imprévisible, Londres n'entend pas "se précipiter" pour riposter, a dit la ministre des Finances britannique Rachel Reeves, rappelant que l'enjeu pour les Britanniques était de conclure "un bon accord" bilatéral avec les EtaÉtatsis, permettant d'échapper aux taxes douanières.

De son côté, l'Union européenne promet de répliquer "avant la fin du mois d'avril", selon la porte-parole du gouvernement français.

Donald Trump présente les droits de douane comme une baguette magique capable de réindustrialiser le pays, de rééquilibrer la balance commerciale et d'éponger le déficit budgétaire.

Fasciné par le protectionnisme en vigueur aux États-Unis à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ, Donald Trump, élu sur une promesse de faire baisser le coût de la vie, a jusqu'ici balayé les risques d'inflation pointés par les économistes.

Lesquels sont nombreux à juger illusoire sa vision d'une Amérique autosuffisante dans l'économie mondialisée du XXIᵉ siècle, avec ses chaînes de production éclatées dans plusieurs pays.

"L'idée d'un constructeur automobile américain n'utilisant que des pièces américaines est une fiction", commente Dan Ives, du cabinet de recherche Wedbush Securities.

Depuis son retour à la Maison Blanche, le républicain a déjà augmenté les droits de douane sur des produits venant de Chine, de même que tout l'acier et l'aluminium entrant aux États-Unis.

Mais il a aussi fait marche arrière sur certaines menaces commerciales spectaculaires. Les dirigeants étrangers espèrent donc qu'une fois passé le choc de l'annonce mercredi, le marchandage pourra commencer avec l'ancien promoteur immobilier, auteur d'un livre appelé "L'art du deal".

AFP

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