
Donald Trump a déclaré mercredi que c'était aux Européens, pas aux États-Unis, de fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine dans le cadre d'un règlement du conflit avec la Russie, et écarté toute adhésion de Kiev à l'Otan à l'avant-veille d'une visite à Washington du président Volodymyr Zelensky.
"Je ne vais pas fournir de garanties de sécurité au-delà de beaucoup", a affirmé le président américain lors d'une réunion de son cabinet à la Maison Blanche.
"Nous allons demander à l'Europe de le faire parce que, vous savez, l'Europe est leur voisin immédiat, mais nous allons nous assurer que tout se passe bien", a-t-il dit devant les caméras.
Le président américain est resté évasif sur ces garanties de sécurité réclamées avec insistance par les Européens pour parvenir à une paix juste et durable en Ukraine.
Interrogé sur une éventuelle adhésion de Kiev à l'Otan, il a répondu : "L'Otan, on peut oublier ça - cela a probablement été la raison du début de toute cette affaire", parlant de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022.
"Nous allons faire de notre mieux pour conclure le meilleur accord possible pour les deux parties, mais pour l'Ukraine, nous allons essayer très fort de conclure un bon accord pour qu'elle puisse récupérer le plus (de territoire) possible", a encore assuré Donald Trump.
L'administration Trump, qui ne parle plus de préserver l'intégrité territoriale de l'Ukraine, concède que cette question doit faire partie des éventuelles négociations à venir, alors que la Russie occupe 20% du territoire de l'Ukraine.
Il a confirmé, par ailleurs, la venue vendredi à Washington de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky afin de finaliser un accord cadre sur l'exploitation de minerais ukrainiens.
Le président américain insiste sur cet accord en compensation de l'aide militaire et financière versée depuis trois ans.
Depuis l'entretien téléphonique entre Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine le 12 février, le locataire de la Maison Blanche a complètement renversé la position des Etats-Unis à propos du conflit en Ukraine, allant jusqu'à qualifier M. Zelensky de "dictateur sans élections".
Après Emmanuel Macron lundi, le Premier ministre britannique Keir Starmer est lui aussi attendu jeudi à Washington pour essayer de convaincre Donald Trump que des garanties de sécurité sont nécessaires à tout accord de cessez-le feu avec la Russie en Ukraine.
Londres et Paris sont les fers de lance de propositions visant à envoyer des milliers de soldats européens pour protéger l'Ukraine dans le cadre d'une cessation des combats. Mais ils insistent sur la nécessité d'un "filet de sécurité" américain pour dissuader la Russie de lancer une autre invasion dans quelques années.
Avec AFP
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