Crise à Ormuz: l’OMI dénonce toute entrave illégale au trafic maritime
Le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale, Arsenio Dominguez, prononce un discours au siège de l’OMI, à Londres, le 14 janvier 2025. ©Benjamin Cremel / AFP

Le chef de l'agence maritime de l'ONU a déclaré lundi qu'aucun pays n'avait légalement le droit de bloquer la navigation dans le détroit d'Ormuz, une route commerciale paralysée par la guerre entre les États-Unis et l'Iran.

«Conformément au droit international, aucun pays n'a le droit d'interdire le droit de passage inoffensif ou la liberté de navigation dans les détroits internationaux utilisés pour le transit international», a déclaré le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, lors d'une conférence de presse.

Les États-Unis ont annoncé débuter lundi un blocus des ports iraniens situés dans le détroit et ses environs, dont les forces iraniennes contrôlent l'accès depuis que la guerre a éclaté avec les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran le 28 février.

Le secrétaire général de l'OMI a néanmoins minimisé la portée d'un tel blocage américain sur le trafic maritime international car, au vu «du très petit nombre de navires qui ont réussi à transiter, un blocus supplémentaire ne va pas aggraver la situation de manière très perceptible».

En effet, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l'Iran orchestre la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz pour mettre la pression sur Washington.

Le trafic via ce couloir particulièrement stratégique, où transite habituellement près de 20% de la production de pétrole mondiale et de gaz naturel liquéfié, a déjà été réduit d'environ 90% depuis le début de la guerre, selon la société de données maritime Lloyd's List Intelligence.

Les passages subsistants seraient principalement liés à l'Iran.

«C'est la désescalade qui va nous permettre de commencer à faire face à la crise et de ramener le transport maritime à son fonctionnement habituel», estime M. Dominguez.

Il a par ailleurs rappelé qu'un péage pour traverser le détroit d'Ormuz était «contraire au droit international de la mer ainsi qu'au droit coutumier», déclarant que les États «ne devraient absolument pas s'engager dans cette voie, car cela créerait un précédent très dangereux».

Plusieurs navires auraient payé deux millions de dollars à l'Iran pour passer du golfe au golfe d'Oman via Ormuz, avait rapporté Lloyd's List Intelligence précédemment.

AFP