
À Perpignan, la 37ᵉ édition de Visa pour l’image s’ouvre sur une plongée saisissante dans les fractures du monde contemporain. Principal rendez-vous international du photojournalisme, le festival réunit cette année une trentaine d’expositions qui racontent, en images, les dérèglements climatiques, les violences des conflits armés et les trajectoires humaines bouleversées. Entre regard documentaire et approche artistique, les photographes livrent une lecture sensible et engagée de notre époque.
Visa pour l'image, principale manifestation internationale dédiée au photojournalisme, ouvre sa 37e édition dans le sud de la France, offrant au regard les clichés d'un monde «toujours plus cruel pour les innocents», victimes de la crise climatique ou des conflits du monde, de l'Ukraine à Gaza.
«On s'attache à montrer toute l'actualité du monde, et elle n'est pas très gaie cette année», reconnait pour l'AFP Jean-François Leroy, l'historique directeur et cofondateur du festival, qui ouvre samedi à Perpignan (sud).
Un «monde (qui) devient fou», «toujours plus cruel pour les innocents», souligne dans sa présentation du cru 2025, Pierre Conte, président de l'association du festival.
Six expositions zooment sur la planète aux prises avec les conséquences du changement climatique.
La Néerlandaise Cynthia Boll s'est plongée dans le quotidien des Indonésiens de Jakarta, rythmé par les inondations, tandis que l'Arménienne Anush Babajanyan est allée promener ses appareils sur la mer d'Aral dont l'exploitation a conduit à la disparition de 90% de son volume.
Méga-feux californiens
Le photographe de l'AFP Josh Edelson, basé en Californie, raconte de son côté «une décennie au cœur du brasier», à travers ses images de feux toujours «plus précoces, plus intenses et plus dévastateurs».
La violence des hommes est l'autre fil rouge reliant plusieurs expositions de cette 37e édition.
Le festival parcourt des guerres, à travers les reportages de Cédric Gerbehaye au Cachemire, de Paloma Laudet en RDC, de Carolyn Van Houten en Somalie, de Gaëlle Girbes en Ukraine ou de Salwan Georges en Syrie.
Ce sont le plus souvent leurs victimes et leur humanité meurtrie que choisissent de capter ces photojournalistes, à l'image de Deanne Fitzmaurice qui a suivi pendant plus de 20 ans le parcours de Saleh, enfant irakien grièvement blessé en 2003 et surnommé «cœur de lion» pour sa résilience.
Avec AFP